La filière des e-fuels accélère : La Chine et l’Europe en première ligne

2 avril 2025

Communiqué de presse
Paris, le 02 avril 2025

 

Le Bureau français des e-fuels publie l’édition 2025 de son Observatoire international des e-fuels, réalisé par Sia. Cette deuxième édition confirme la dynamique accélérée du secteur, recensant désormais plus de 120 projets d’envergure répartis dans 28 pays. L’Observatoire souligne aussi la maturité croissante de la filière avec le démarrage concret – construction et la mise en service – de plusieurs projets en Chine et en Amérique du Nord. En Europe, les premières décisions finales d’investissements sont attendues dans l’année à venir pour lui permettre de rester dans la course.

L’Observatoire international se concentre sur quatre filières de carburants de synthèse : le e-méthanol, le e-kérosène, le e-diesel / e-essence et le e-méthane. Ces carburants sont fabriqués en combinant de l’hydrogène renouvelable ou bas carbone produit par électrolyse de l’eau, avec du carbone recyclé dans la biomasse ou capté dans les fumées industrielles.

Une dynamique mondiale qui se confirme et s’accélère

En 2024, la filière des e-fuels a confirmé son dynamisme avec une augmentation notable des capacités de production et un élargissement des pays d’implantation, malgré un environnement industriel complexe.

À fin 2024, près de 120 projets de production ayant une capacité annuelle supérieure à 50 000 tonnes équivalent pétrole (ktep) ont été recensés, cumulant une capacité totale de 18 500 ktep.

Le e-méthanol et le e-kérosène concentrent l’essentiel des projets, représentant respectivement 65 % et 25 % des capacités annoncées. La répartition mondiale des projets témoigne néanmoins de stratégies différentes. Principal producteur et consommateur de méthanol fossile, la Chine mise fortement sur le e-méthanol, tandis que l’Europe, encouragée par un cadre réglementaire favorable, se tourne davantage vers le e-kérosène.

Actuellement, les premiers projets visent principalement des usages domestiques ou régionaux. Toutefois, les stratégies pour développer des chaînes d’exportation d’e-fuels depuis les pays disposant de ressources renouvelables abondantes se mettent en place, notamment en Afrique, en Océanie et en Amérique du Nord.

La filière gagne en maturité avec la Chine en tête de pont

2024 marque un vrai tournant pour la filière des e-fuels avec 7 projets de production d’e-méthanol en Chine ayant obtenu une décision d’investissement, en complément de deux projets de production de méthanol déjà opérationnels en Chine et en Amérique du Nord valorisant de l’hydrogène et du carbone recyclé.

Longtemps discrète, la Chine affirme ainsi sa position aux avant-postes de la filière des e-fuels. Les principaux contrats d’achats de e-méthanol ont été signés dans le monde auprès de producteurs chinois, à destination du transport maritime pour approvisionner des navires œuvrant vers ou depuis les ports chinois. Elle se distingue en outre par un axe fort sur les projets hybrides dits « e-bio ». Enfin, dépit d’un focus fort sur le méthanol, les producteurs nationaux semblent s’intéresser de manière croissante aux carburants d’aviation durables (SAF).

L’Europe face à l’urgence de concrétiser

L’Europe, qui a jusqu’ici été le moteur quasi unique de la filière des e-fuels, reste dans la course, mais doit concrétiser ses projets annoncés.

L’Europe concentre 32% des capacités mondiales annoncées. Elle se distingue par l’accent sur les carburants d’aviation durables avec 75 % des capacités mondiales annoncées de production d’e-kérosène. Ce penchant s’explique notamment par un cadre réglementaire favorable – ReFuelEU Aviation – qui inclut un sous-mandat dédié au e-kérosène de 1,2 % dès 2030 qui montera par palier de 5 ans à 35 % en 2050.

L’Europe manque de réalisation. A ce jour, aucun projet n’a franchi l’étape de la décision finale d’investissement, ni démarré sa construction, à l’exception d’un projet d’environ 15 ktep au Danemark, mis en service en mars 2025.

Au-delà de la mise en œuvre nationale des mandats adoptés à l’échelle européenne, l’Europe doit créer les conditions propices à la concrétisation des projets. Cela passe par la nécessaire mobilisation des capitaux, une approche pragmatique sur les approvisionnements électrique et carbone, et un support sur la production européenne dans une logique de souveraineté industrielle.

L’Europe subit un moment inverse. En imposant des contraintes sur ses transporteurs et leurs fournisseurs, l’Europe a indéniablement impulsé le développement de ces molécules. En imposant en parallèle des normes de production plus restrictives que les gouvernements asiatiques ou nord-américains, l’Europe a néanmoins complexifié la production et l’équation économique des e-fuels produits sur son territoire. A l’heure ou l’Europe entre dans une logique de souveraineté industrielle et énergétique, une approche pragmatique s’impose.

 

LE BUREAU FRANÇAIS DES E-FUELS

Créé en juillet 2023, le Bureau français des e-fuels réunit experts, chercheurs, développeurs de projets, industriels, consommateurs et financiers, afin de promouvoir le rôle des e-fuels dans la décarbonation des secteurs aux émissions les plus difficiles à abattre à savoir le transport aérien et maritime. Son objet premier est de faire la promotion d’une filière française de production d’e-fuels, vertueuse, compétitive et durable. Il encourage les synergies, les échanges, et œuvre avec pédagogie auprès des différents publics sur le sujet des e-fuels. Il a également vocation à conseiller les acteurs des secteurs, public et privé, afin de favoriser le développement des projets.

 

 

Contacts

 

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Directrice de la Communication et des Affaires Publiques, Elyse Energy

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